BRÉSIL - La littĂ©rature

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BRÉSIL - La littĂ©rature
BRÉSIL - La littĂ©rature

Les historiens de la littĂ©rature brĂ©silienne considĂšrent qu’elle commence au XVIe siĂšcle. Toutefois, ce point de vue n’est soutenable que si l’on confond l’histoire littĂ©raire du BrĂ©sil – ou l’histoire de l’activitĂ© littĂ©raire au BrĂ©sil – et l’histoire de la littĂ©rature brĂ©silienne. Le concept « littĂ©rature brĂ©silienne » prĂ©suppose l’existence dans ce pays d’une ethnie formĂ©e, ou en voie de formation, et d’une forme de civilisation originale, ou du moins divergente de sa souche, dans laquelle la communautĂ© vit son destin. Le long processus formateur de cette conscience comprend la recherche d’un Ă©thos particulier, puis sa reconnaissance et, enfin, son illustration, et fournit la trame de l’histoire littĂ©raire.

1. La tradition portugaise

Et, certes, on peut admettre que ce processus commence avec l’arrivĂ©e du premier colon sur le sol brĂ©silien. On en trouve les marques dans les louanges de la nouvelle « terre promise » qui remplissent nombre d’ouvrages descriptifs consacrĂ©s au BrĂ©sil au cours des XVIe et XVIIe siĂšcles; dans l’Ɠuvre du pĂšre JosĂ© de Anchieta (1534-1597), missionnaire, poĂšte et auteur d’un thĂ©Ăątre de catĂ©chĂšse qui n’est pas dĂ©pourvu d’intĂ©rĂȘt littĂ©raire; chez GregĂłrio de Matos Guerra (1633-1696), poĂšte sacrĂ© et satirique, d’inspiration baroque; et dans l’Ɠuvre immense, par son Ă©tendue et par sa valeur, du pĂšre AntĂłnio Vieira (1608-1697), qui domine la littĂ©rature portugaise du XVIIe siĂšcle. Ce sont les trois noms principaux qu’on pourrait retenir pour la pĂ©riode de formation de la nouvelle civilisation. Mais on ne constate pas, avant la seconde moitiĂ© du XVIIIe siĂšcle, l’existence d’un groupe d’écrivains qui partagent la conscience de faire une Ɠuvre reflĂ©tant ou illustrant l’ethnie brĂ©silienne. DĂšs lors, l’activitĂ© littĂ©raire cĂšde la place Ă  une littĂ©rature naissante, dont le point de dĂ©part peut ĂȘtre fixĂ© conventionnellement Ă  la date de publication de la premiĂšre Ɠuvre marquante.

Le dĂ©but du XVIIIe siĂšcle voit la fondation de nombreuses acadĂ©mies, ou sociĂ©tĂ©s littĂ©raires, quelques-unes Ă©phĂšmĂšres, oĂč domine une esthĂ©tique nĂ©o-classique. ClĂĄudio Manuel da Costa (1729-1789), auteur de transition, conservateur, le moins brĂ©silien des Ă©crivains de cette pĂ©riode, donna le meilleur de son Ɠuvre dans des sonnets de ses Obras poĂ©ticas , 1768 (ƒuvres poĂ©tiques ). JosĂ© de Santa Rita DurĂŁo (1722-1784) publie en 1781 un poĂšme Ă©pique, O Caramuru (L’EuropĂ©en ), surchargĂ© d’érudition, dans lequel, influencĂ© par les Lusiades de CamĂ”es (1525-1580), il chante les aventures d’un des pionniers de la colonisation portugaise. Dans son Uraguai (1769), BasĂ­lio da Gama (1741-1795) dĂ©crit la lutte entre Portugais et Espagnols, d’une part, et entre les tribus indiennes, d’autre part. D’une inspiration plus lyrique qu’épique, le thĂšme indien est traitĂ© avec plus d’art que dans O Caramuru , mais le sujet est trop mince et le poĂšme souffre du parti pris de son auteur qui se fait l’apologiste de la politique du marquis de Pombal, adversaire des JĂ©suites. L’Ɠuvre d’InĂĄcio JosĂ© de Alvarenga Peixoto (1744-1792) est restreinte et irrĂ©guliĂšre: quelques sextilhas , trois odes inachevĂ©es, des vers Ă©pars, et surtout une vingtaine de sonnets parmi les plus achevĂ©s de l’époque. Manuel InĂĄcio da Silva Alvarenga (1749-1814) est l’auteur d’un poĂšme hĂ©roĂŻ-comique, O Desertor , 1774 (Le DĂ©serteur des Lettres ) et surtout de Glaura (1799), recueil lyrique composĂ© de « rondeaux » de son invention, d’inspiration italienne, et de madrigaux. Il est le premier Ă  sentir et Ă  exprimer certaines nuances de la sensibilitĂ© brĂ©silienne, certain frĂ©missement de voluptĂ© Ă  fleur de peau qu’il chante Ă  la sourdine d’une maniĂšre incomparable qui permet Ă  certains de mettre Glaura au-dessus de MarĂ­lia de Dirceu (premiĂšre partie, 1792; deuxiĂšme partie, 1799; troisiĂšme partie, d’authenticitĂ© suspecte, 1800), chef-d’Ɠuvre de TomĂĄs AntĂłnio Gonzaga (1744-1810). Celui-ci, aprĂšs une jeunesse passĂ©e au BrĂ©sil et des Ă©tudes Ă  CoĂŻmbre, fait carriĂšre de magistrat au Portugal, avant d’ĂȘtre nommĂ© Ă  Vila Rica (aujourd’hui Ouro Preto) en 1782. Il s’y lia d’amitiĂ© avec ClĂĄudio Manuel da Costa et Alvarenga Peixoto, et s’éprit d’une jeune fille, MarĂ­lia – « Dirceu » est le surnom arcadien de Gonzaga –, mais, malheureusement, alors qu’il attendait l’autorisation royale de l’épouser, il est accusĂ© de complicitĂ© dans un complot (1789) visant Ă  libĂ©rer le BrĂ©sil de la tutelle portugaise (inconfidĂȘncia mineira ) et condamnĂ© Ă  dix ans de dĂ©portation au Mozambique. MarĂ­lia de Dirceu est une Ɠuvre sans Ă©gale dans la littĂ©rature du temps. MalgrĂ© les conventions stĂ©rĂ©otypĂ©es, le recueil est souvent d’une Ă©loquente et Ă©mouvante simplicitĂ©. MarquĂ© par l’épicurisme et un certain stoĂŻcisme horatien, le poĂšte exprime une vision de l’amour et de la vie oĂč l’aimĂ©e est le prĂ©texte Ă  la crĂ©ation du poĂšte par lui-mĂȘme plus qu’elle n’est une idĂ©alisation littĂ©raire. Gonzaga, poĂšte satirique, n’est pas indigne du poĂšte lyrique, comme l’attestent les Cartas chilenas (Lettres chiliennes , composĂ©es en 1788-1789), qui fourmillent de portraits fĂ©roces et de traits percutants contre la personne et l’administration du gouverneur de Minas Gerais. Le penchant pour la satire valut un exil temporaire Ă  Domingos Caldas Barbosa (1740-1800). Établi au Portugal dĂšs 1762, il ne tarda pas Ă  briller par ses dons musicaux et poĂ©tiques. Il est le premier Ă  utiliser des formes populaires, lundus et modinhas , qui donnent une saveur toute brĂ©silienne Ă  sa Viola de Lereno (Lyre de Lereno : vol. I, 1798; vol. II, 1826), dont nombre de compositions, simples et Ă©lĂ©gantes, sont entrĂ©es dans le folklore.

L’Ɠuvre de ces auteurs, regroupĂ©s, Ă  l’exception de Caldas Barbosa, sous la dĂ©nomination commode mais impropre d’escola mineira (Ă©cole du Minas Gerais), tous Ă©lĂšves des JĂ©suites et formĂ©s Ă  CoĂŻmbre, marque le dĂ©but de la littĂ©rature brĂ©silienne. Relevant ainsi de la culture portugaise et europĂ©enne, ils ont cependant conscience d’appartenir Ă  une nation brĂ©silienne naissante, de plus en plus fiĂšre de sa particularitĂ© et dĂ©sireuse d’affirmer son indĂ©pendance politique. Il est significatif que ClĂĄudio Manuel da Costa, Alvarenga Peixoto, Silva Alvarenga et TomĂĄs Gonzaga sont tous impliquĂ©s dans l’inconfidĂȘncia mineira.

Ce que le soulĂšvement dĂ©samorcĂ© ne put accomplir, les Ă©vĂ©nements politiques en Europe devaient commencer Ă  le rĂ©aliser. ChassĂ©s par l’invasion napolĂ©onienne du Portugal, le roi et sa cour se rĂ©fugient en 1808 Ă  Rio de Janeiro, qui remplaça Vila Rica comme centre culturel du pays. La colonie devint subitement mĂ©tropole, puis royaume, en 1815. Le BrĂ©sil, jusqu’alors culturellement isolĂ©, s’ouvrit au monde, et l’existence d’une cour stimula considĂ©rablement la vie intellectuelle et politique. IndĂ©pendant politiquement depuis 1822, le BrĂ©sil commença Ă  le devenir littĂ©rairement avec le dĂ©but du romantisme, marquĂ© par la publication Ă  Paris, en 1836, de Suspiros poĂ©ticos e Saudades (Soupirs poĂ©tiques et saudades ) de Gonçalves de MagalhĂŁes (1811-1882).

2. Recherche d’un Ă©thos

Suspiros poĂ©ticos e Saudades n’innovaient ni dans la forme ni dans le fond; l’emphase tente en vain d’ajouter quelque Ă©motion Ă  bien des lieux communs auxquels Ă©chappe un seul poĂšme, « NapoleĂŁo em Waterloo ». Mais l’exemple de Gonçalves de MagalhĂŁes donna une grande impulsion au romantisme et exerça une influence considĂ©rable. Le grand poĂšte de la premiĂšre gĂ©nĂ©ration romantique est AntĂłnio Gonçalves Dias (1823-1864), considĂ©rĂ© encore aujourd’hui par beaucoup comme le plus grand de tous. Il retire beaucoup de la lecture des poĂštes portugais classiques, et ses Primeiros Cantos (Chants , premiĂšre sĂ©rie, 1847) Segundos Cantos (Chants , seconde sĂ©rie, 1848) et Ultimos Cantos (Derniers Chants , 1861) constituent la premiĂšre et la plus haute expression de la nature et de l’ambiance brĂ©siliennes, particuliĂšrement du thĂšme indien, auquel il a consacrĂ© quelques-uns de ses plus beaux vers. On lui doit aussi des poĂšmes d’amour d’un lyrisme vĂ©hĂ©ment.

Alvares de Azevedo

Alvares de Azevedo (1831-1852), malgrĂ© sa brĂšve carriĂšre, est une des figures les plus reprĂ©sentatives de la seconde gĂ©nĂ©ration romantique. On trouve dans ses Obras poĂ©ticas (vol. I, 1853; vol. II, 1855) un mĂ©lange byronien de doute, de taedium vitae , de rĂ©alisme, d’humour et d’une mĂ©lancolie entretenue par une santĂ© prĂ©caire. Junqueira Freire (1832-1855) est marquĂ© par les trois annĂ©es qu’il passa dans un couvent bĂ©nĂ©dictin. La vie de couvent fut pour lui une prison, la poĂ©sie une vengeance contre un mode de vie qui prive l’homme de sa libertĂ© et de sa dignitĂ©. Le sentiment religieux et un Ă©rotisme exacerbĂ© marquent InspiraçÔes do claustro , 1855 (Inspirations du couvent ) et ContradiçÔes poĂ©ticas (Contradictions poĂ©tiques , s. d.). Le meilleur de LuĂ­s Nicolau Fagundes Varela (1841-1875) est dans Cantos e Fantasias , 1865 (Chants et Fantaisies, ). Mais le plus important des poĂštes de cette Ă©poque est Casimiro de Abreu (1839-1860) qui Ă©voque dans son unique recueil, As Primaveras , 1859 (Les Printemps ) avec une suave mĂ©lancolie, les dĂ©cors de son enfance et ses souvenirs de jeunesse, l’amour et la peur d’aimer, dans une langue simple et mĂ©lodieuse. Dernier des romantiques, AntĂłnio de Castro Alves (1847-1871) est le poĂšte de la saudade , de la plĂ©nitude sentimentale et charnelle de l’amour. Ses Ă©vocations de la nature, caractĂ©risĂ©es par une sensibilitĂ© visuelle et plastique, fixent des tableaux dans un style qui annonce certains aspects du Parnasse. Son adhĂ©sion Ă  la cause abolitionniste s’exprime dans des compositions oĂč il donne libre cours Ă  une Ă©loquence dramatique, fougueuse, pleine d’hyperboles et d’antithĂšses violentes, entachĂ©e parfois d’une certaine verbositĂ©. À une sensibilitĂ© Ă©moussĂ©e par trois siĂšcles d’esclavage, il a su imposer l’esclave comme figure tragique. Espumas fluctuantes , 1870 (Écumes fluctuantes ), seul recueil publiĂ© de son vivant, A Cachoeira de Paulo Afonso , 1876 (La Cataracte de Paulo Afonso ), Os Escravos , 1883 (Les Esclaves ), Hinos do Ecuador , 1921 (Hymnes de l’Équateur ) reprĂ©sentent l’apogĂ©e du romantisme.

Vers le réalisme

C’était dans la prose, dans le roman et le conte que le romantisme devait trouver l’instrument de la dĂ©couverte et de l’interprĂ©tation de l’éthos brĂ©silien, passant du pittoresque au rĂ©alisme. Et A Moreninha , 1844 (La Petite Brune ), de Joaquim Manuel de Macedo (1820-1882), est Ă  certains Ă©gards dĂ©jĂ  un roman rĂ©aliste, dont la toile de fond est la sociĂ©tĂ© de Rio de Janeiro. On peut en dire autant des MemĂłrias de um sargento de milĂ­cias , 1852-1853 (MĂ©moires d’un sergent des milices ), unique roman de Manuel AntĂłnio de Almeida (1831-1861), rĂ©digĂ© dans une langue simple et directe, plein de pĂ©ripĂ©ties et de personnages types, d’aperçus de la sociĂ©tĂ© pittoresque du Rio de Janeiro du premier tiers du siĂšcle. Mais le maĂźtre du roman romantique est JosĂ© de Alencar (1829-1877), Ă©crivain fĂ©cond par son Ɠuvre et par son influence. Ses principaux romans sont O Guarani , 1857 (Le Guaranis , nom d’une tribu indienne), roman historique dans lequel il crĂ©a, avec la figure de l’Indien Peri, un hĂ©ros mythique rĂ©pondant au besoin que ressentait une sociĂ©tĂ© mal adaptĂ©e, en proie Ă  des luttes politiques constantes, d’un paladin au-dessus de la mĂȘlĂ©e quotidienne. Les personnages de O Guarani appartiennent Ă  un monde lĂ©gendaire que la sensibilitĂ© brĂ©silienne explorait depuis longtemps, Ă  la recherche d’un passĂ© qui lui manquait. Iracema (1865) est le chef-d’Ɠuvre de la prose poĂ©tique. Luciola (1868) et Senhora , 1875 (Madame ), dans lesquels Alencar aborde la sociĂ©tĂ© contemporaine, sont peut-ĂȘtre ses meilleurs livres. Son Ɠuvre est thĂ©matiquement fondĂ©e sur la discordance de situations sociales ou sentimentales. PoĂšte, mais plus connu comme romancier, Bernardo Guimaraens (1825-1884), avec O Garimpeiro , 1872 (Le Chercheur d’or ) peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un des fondateurs du rĂ©gionalisme. Il est l’auteur d’un roman abolitionniste, A Escrava Isaura , 1875 (L’Esclave Isaure ), le plus cĂ©lĂšbre de ses livres, bien qu’infĂ©rieur Ă  O ErmitĂŁo de MuquĂ©m , 1864 (L’Ermite de MuquĂ©m ) et O Seminarista , 1872 (Le SĂ©minariste ), qui traite du cĂ©libat des prĂȘtres.

Battu en brĂšche par la « gĂ©nĂ©ration de soixante-dix » au Portugal et par le rĂ©alisme français, le romantisme s’éteint vers 1880. Le mouvement avait Ă©tĂ© autant le mĂ»rissement d’une tradition autochtone que le rĂ©sultat d’une esthĂ©tique importĂ©e. On allait dĂ©sormais pouvoir cultiver la littĂ©rature pour elle-mĂȘme; l’écrivain, entourĂ© d’un prestige nouveau, devenait l’hĂ©ritier d’une tradition littĂ©raire dĂ©jĂ  riche en expĂ©riences. Joachim Maria Machado de Assis (1839-1908) est le premier Ă©crivain brĂ©silien qui se soit reconnu des prĂ©dĂ©cesseurs qu’il Ă©tudia, assimila et surpassa par son gĂ©nie. Dramaturge, auteur d’une Ɠuvre mieux adaptĂ©e Ă  la lecture qu’à la scĂšne, bon poĂšte – CrisĂĄlidas , 1864 (Chrysalides ), Falenas , 1870 (PhalĂšnes ), Americanas , 1875 (PoĂšmes amĂ©ricains ) –, sa gloire repose sur ses romans, dont les meilleurs sont MemĂłrias pĂłstumas de Bras Cubas , 1881 (MĂ©moires posthumes de Bras Cubas ), Quincas Borba (1891), Dom Casmurro (1900), et surtout sur ses contes : PapĂ©is avulsos , 1882 (Feuillets Ă©pars ), HistĂłrias sem data , 1884 (Histoires sans date ), Varias HistĂłrias , 1896 (Contes divers ), PĂĄginas recolhidas , 1899 (Pages recueillies ), Reliquias de casa velha , 1906 (Souvenirs de la vieille maison ). DissimulĂ©s sous des intrigues banales, la pensĂ©e et l’art de Machado sont le rĂ©sultat d’un long combat livrĂ©, avec son humour caractĂ©ristique, contre « sa vieille et chĂšre ennemie, la vie ». Il essaye, dit-il, de parler des hommes comme en parleraient les mouettes, si Buffon Ă©tait nĂ© mouette.

La pĂ©riode qui va de 1875 Ă  1922 se caractĂ©rise par une richesse et une diversitĂ© accrues de la production littĂ©raire, qui tĂ©moignent d’une maturitĂ© accrue de la civilisation et de la culture brĂ©siliennes. Au romantisme succĂšdent, dans la prose de fiction, le rĂ©alisme et le naturalisme – dont les frontiĂšres sont floues – et, dans la poĂ©sie, les tendances parnassienne et symboliste. Alfredo d’Escragolle Taunay (1843-1899), dans InocĂȘncia , 1872 (Innocence ), donne une Ɠuvre qui peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme une transition entre romantisme et rĂ©alisme, dont l’introducteur est AluĂ­sio de Azevedo (1857-1913) avec O Mulato , 1881 (Le MulĂątre ). L’anticlĂ©ricalisme, le traitement de la situation marginale du mulĂątre, la peinture d’une sociĂ©tĂ© dominĂ©e par les prĂ©jugĂ©s frappĂšrent par la nouveautĂ©. Casa de pensĂŁo , 1884 (La Pension ) et surtout O Cortiço , 1890 (Le Bouge ) reprĂ©sentent le meilleur d’une Ɠuvre qui excelle dans le traitement des groupes plus que dans la crĂ©ation des personnages. InglĂȘs de Sousa (1853-1918) devança Azevedo avec O Coronel Sangrado , 1877 (Le Colonel Sangrado ), mais le livre n’éveilla guĂšre l’attention; son meilleur roman est O MissionĂĄrio , 1888 (Le Missionnaire ). A Carne , 1888 (La Chair ), de JĂșlio Ribeiro (1854-1890), remporta un succĂšs de scandale. Dans A Normalista , 1893 (La Normalienne ), Adolfo Caminhal (1867-1897) critique une sociĂ©tĂ© corrompue par l’hypocrisie, par la faiblesse de ses principes religieux et moraux; il traite de la perversion des mƓurs des marins, avec une sobre maĂźtrise, dans O Bom Crioulo , 1895 (Le Bon CrĂ©ole ).

Souci de l’homme

Raul PompĂ©ia (1863-1895), dans un style original, riche, musical, s’écarte du rĂ©alisme dans O Ateneu , 1888 (L’AthĂ©nĂ©e ), qui est essentiellement la description d’une sensibilitĂ© d’adolescent, telle qu’elle subsiste dans la mĂ©moire de l’adulte. Bien diffĂ©rente est l’Ɠuvre d’Henrique Maximiliano Coehlho Neto (1864-1934), et d’abord par son Ă©tendue: cent vingt volumes. Contraint de vivre de sa plume, et douĂ© d’une imagination puissante, il n’eut pas le temps de polir ses livres, qui sont d’une valeur fort inĂ©gale. MaĂźtre d’un vocabulaire d’une rare richesse, cherchant toujours le mot juste, il Ă©blouit, quitte Ă  pĂȘcher par la surcharge. ProclamĂ© prince des prosateurs, il jouit de son vivant d’un prestige considĂ©rable, mais sa rĂ©putation, depuis le modernisme, a connu une Ă©clipse. Parmi ses nombreux romans, on distingue A Capital federal , 1893 (La Capitale fĂ©dĂ©rale ), Miragem , 1898 (Mirage ), O Morto , 1898 (Un homme mort ), A Conquista , 1898 (La ConquĂȘte ), Rei negro , 1914 (Le Roi noir ), Fogo-fĂĄtuo , 1928 (Feu follet ). L’Ɠuvre du conteur est cependant supĂ©rieure: O Jardim das confidĂȘncias , 1908 (Le Jardin des confidences ), Banzo (1913) et surtout SertĂŁo (1896) contiennent des piĂšces uniques en leur genre. Sous un titre voisin de ce dernier paraĂźt en 1902 un des maĂźtres livres de la littĂ©rature brĂ©silienne. Os SertĂ”es d’Euclides da Cunha (1866-1909). L’ouvrage, qui connut d’emblĂ©e un grand succĂšs, alliant Ă  une grande Ă©rudition scientifique la probitĂ© intellectuelle et la sensibilitĂ© poĂ©tique, est issu d’un reportage sur la campagne militaire menĂ©e en 1897 contre le rĂ©duit des sertanejos fanatisĂ©s. C’est un tĂ©moignage passionnĂ©, dans un style caractĂ©risĂ© par la prĂ©cision technique et l’opulence baroque, quelquefois pompeuse. Les titres des trois parties du livre rĂ©vĂšlent dĂ©jĂ , dans leur simplicitĂ© dramatique, les donnĂ©es d’un problĂšme qui reste encore Ă  rĂ©soudre: la terre, l’homme, la lutte. L’Ɠuvre d’Afonso Henriques de Lima Barreto (1881-1922) – RecordaçÔes do escrivĂŁo IsaĂ­as Caminha , 1909 (Souvenirs du journaliste IsaĂ­as Caminha ), O Triste Fim de PolicĂĄrpio Quaresma , 1915 (La Triste Fin de Polycarpe CarĂȘme ), Vida e Morte de M. J. Gonzaga de SĂĄ , 1919 (Vie et Mort de M. J. Gonzaga de SĂĄ ), Clara dos Anjos (1923-1924) – est celle d’un citadin sensible aux drames de la classe moyenne. Ses personnages sont parmi les plus typiques et les mieux dessinĂ©s, ses romans remarquables par la finesse de l’analyse et la fluide propriĂ©tĂ© de leur style. JosĂ© Bento Monteiro Lobato (1882-1948), crĂ©ateur de Jeca Tatu, type du mĂ©tis arriĂ©rĂ©, fataliste, exploitĂ©, de l’intĂ©rieur du pays, est l’auteur de trois importants recueils de contes, UrupĂȘs (1919), Cidades mortas , 1919 (Villes mortes ) et Negrinha , 1920 (La Petite Noire ) – le premier est le meilleur et le plus connu – dans lesquels il dĂ©peint l’abandon d’un secteur rural nĂ©gligĂ©, les villes de la vallĂ©e du ParaĂ­ba, en dĂ©clin aprĂšs l’ñge d’or du cafĂ©.

Quatre poÚtes « parnassiens »

Le Parnasse est reprĂ©sentĂ© principalement par quatre poĂštes. Alberto de Oliveira (1857-1937), encore romantique dans CançÔes romĂąnticas , 1878 (Chansons romantiques ), est le plus attachĂ© Ă  la discipline formelle des parnassiens. Ses Ɠuvres sont rĂ©unies en quatre sĂ©ries de Poesias publiĂ©es entre 1900 et 1927. Raimundo Correia (1859-1911) a laissĂ© de beaux sonnets et excelle Ă  rendre la suave mĂ©lancolie du paysage brĂ©silien dans Primeiros Sonhos , 1879 (Premiers RĂȘves ), Sinfonias , 1883 (Symphonies ), Versos e VersĂ”es , 1887 (Vers et Versions ), Aleluias , 1891 (AllĂ©luias ). Vicente de Carvalho (1866-1924) s’exprime davantage selon les normes de la tradition portugaise dans une Ɠuvre qui porte des traces de symbolisme: Rosa, rosa do amor , 1902 (Rose, rose d’amour ), Poemas e CançÔes , 1908 (PoĂšmes et Chansons ). La figure dominante est celle d’Olavo Bilac (1865-1918), reconnu comme un maĂźtre dĂšs la parution de ses Poesias (1888). VĂ©nĂ©rĂ© de son vivant, il souffre encore aujourd’hui des coups portĂ©s par le modernisme, malgrĂ© la perfection formelle de ses poĂšmes. Populaire cependant, il demeure le poĂšte qui s’adapte au goĂ»t moyen, ce qui est une maniĂšre de devenir classique.

Un grand poĂšte mystique

Le symbolisme fait son apparition vers 1880 et exerce une certaine influence sur des poĂštes tenus pour parnassiens et aussi sur quelques prosateurs, parmi lesquels Raul PompĂ©ia, Lima Barreto et surtout Graça Aranha (1868-1921) qui, avec CanĂŁa , 1911 (Canaan ) Ă©crit le seul grand roman symboliste. Dans la poĂ©sie, deux Ɠuvres se dĂ©tachent. JoĂŁo da Cruz e Sousa (1863-1898), marquĂ© profondĂ©ment par sa nĂ©gritude, qu’il sentait comme une vĂ©ritable « douleur d’exister », voyait dans l’art la possibilitĂ© de rĂ©soudre les tensions qui le dĂ©chiraient. Son Ɠuvre – Missal (Missel ), BroquĂ©is , 1893 (Boucliers ), FarĂłis , 1900 (Fanaux ), Últimos Sonetos , 1905 (Derniers Sonnets ) – recherchĂ©e, oratoire, musicale, empreinte d’une ferveur tragique, montre un goĂ»t pour les formes lapidaires. Alphonsus de Guimaraens (1870-1921), le plus grand poĂšte mystique d’une littĂ©rature qui n’en compte guĂšre, montre le plus pur de son inspiration dans « Pulvis », publiĂ© dans la premiĂšre Ă©dition de ses Poesias (1938). Il propose un message de foi dans une Ɠuvre toute en demi-tons, dominĂ©e par un dĂ©senchantement rĂ©signĂ©. Augusto dos Anjos (1884-1914), dans Eu (Moi , 1912), rĂ©alise l’ambition d’une gĂ©nĂ©ration prĂ©cĂ©dente, avec sa poĂ©sie « scientifique » Ă©crite dans une langue rugueuse, truffĂ©e de termes savants, mais pleine d’inventions aussi, et qui annonce certains aspects du modernisme.

3. Affirmation d’une personnalitĂ© culturelle

Parnasse et symbolisme, en 1918, sont des veines Ă©puisĂ©es. Les progrĂšs culturels, l’évolution Ă©conomique et politique, voire ethnique, du pays rendaient une rĂ©vision indispensable. Le BrĂ©sil avait attirĂ© un million d’immigrants depuis 1907, l’économie Ă©tait prospĂšre.

DĂ©buts du modernisme

À l’approche du centenaire de l’indĂ©pendance nationale, un frĂ©missement de nationalisme et d’optimisme parcourut le pays. L’intelligentsia Ă©tait dĂ©cidĂ©e Ă  rompre dĂ©finitivement les liens culturels avec le Portugal et Ă  proclamer son indĂ©pendance artistique. SĂŁo Paulo, centre commercial du pays, proposait dans son « mĂ©lange Ă©pique » et cosmopolite le modĂšle de ce que devait ĂȘtre le BrĂ©sil de demain, qu’on voyait prĂȘt Ă  assumer son destin historique. Tel fut le climat dans lequel, en 1922, prĂ©parĂ©e par une bruyante campagne de presse, eut lieu la Semaine d’art moderne qui marque le dĂ©but du modernisme. « Le BrĂ©sil aura une littĂ©rature nationale, il doit parvenir, tĂŽt ou tard, Ă  une originalitĂ© littĂ©raire. L’inspiration puisĂ©e dans des sujets nationaux, le respect de nos traditions et la soumission Ă  la voix de la race accĂ©lĂ©reront ce rĂ©sultat final », Ă©crivait-on. Bref, le modernisme reprenait la tĂąche que le romantisme s’était assignĂ©e et qu’il avait imparfaitement rĂ©alisĂ©e. On liquidait le romantisme et toutes ses sĂ©quelles, tout en se tournant vers la tradition, qui Ă©tait le legs du romantisme, de sorte que le modernisme est Ă  la fois un aboutissement et un recommencement. On se mĂ©fiait du sublime, du patriotisme bourgeois satisfait, on se plongeait dans le quotidien amer que le pittoresque cachait.

Le BrĂ©sil cherchait une expression adaptĂ©e Ă  la conscience nouvelle qu’il prenait de lui-mĂȘme. On attendait un Malherbe, il vint. En la personne de MĂĄrio de Andrade (1893-1945), musicologue et musicien, folkloriste, historien de l’art, journaliste, romancier, conteur et poĂšte. L’exemple, PaulicĂ©ia Desvairada (1922), contenant vingt-deux poĂšmes et une « prĂ©face intĂ©ressantissime », prĂ©cĂšde l’ars poetica attendue, A Escrava que nĂŁo Ă© Isaura , 1925 (L’Esclave qui n’est pas Isaure ). Dans Losango cĂĄqui , 1926 (Losange kaki ) et ClĂŁ de Jabuti , 1927 (Clan des Jabutis ), MĂĄrio de Andrade commence Ă  « brĂ©siliser » (abrasileirar ) la langue par l’introduction d’élĂ©ments tirĂ©s du parler quotidien – ils dominent dans Belazarte (1934) – ou du folklore, comme dans MacunaĂ­ma (1928). À partir de Remate de males , 1930 (Comble de malheur ), il dĂ©laisse un certain pittoresque extĂ©rieur, pour faire le tour de lui-mĂȘme, Ă©laborant une des Ɠuvres les plus hautes de la littĂ©rature brĂ©silienne, rĂ©unie dans Obras completas , 20 vol., 1944 (ƒuvres complĂštes ). Manuel Bandeira (1886-1968), d’un anticonformisme dĂ©clarĂ© dĂšs 1917 dans A Cinza das horas (Cendre des heures ), tourne le dos Ă  ce qu’il appelle le lyrisme « fonctionnaire public ». Carnaval (1919) est marquĂ© par un ton ironique, le langage quotidien et des recherches de rythme, poursuivies dans Libertinagem , 1930 (Libertinage ), qui contiennent quelques-uns de ses plus beaux poĂšmes. Estrela da manhĂŁ , 1936 (Étoile du matin ), Lira dos cincuenta anos , 1940, Ă©d. augm. 1944 (Lyre de la cinquantaine ) marquent les Ă©tapes d’une carriĂšre sans dĂ©faillance qui aboutit Ă  Poesias completas (1948, Ă©d. augm. 1951), Poesia e Prosa (1958, 2 vol.). Introducteur du vers libre, il a su adapter Ă  la sensibilitĂ© moderne une grande variĂ©tĂ© de rythmes et de mĂštres rĂ©guliers, employĂ©s dans un style Ă  la fois familier et soignĂ©. Oswald de Andrade (1890-1954), spirituel, douĂ© d’une grande pĂ©nĂ©tration critique qui alimente l’humour et la satire, est un des animateurs du mouvement et une de ses figures les plus originales. Il fait suivre son Manifesto de poesia Pau-Brasil , 1925 (Manifeste de poĂ©sie du Bois-BrĂ©sil ), du Primeiro Caderno do aluno de poesia O. de A. , 1927 (Premier Cahier de l’élĂšve de poĂ©sie O. de A. ). Il s’agissait de crĂ©er la poĂ©sie Ă  partir d’une apprĂ©hension neuve et « naĂŻve » du monde, dans des compositions amĂ©triques, brĂšves, elliptiques, qui tendent vers l’épigramme et reposent sur la force suggestive des mots. En 1928, il lance le mouvement « anthropophage », que l’on peut dĂ©finir comme un indianisme Ă  rebours. Le « mauvais sauvage » exerce sa critique contre les impostures du monde, dans le but d’intĂ©grer l’homme dans la joyeuse expansion de ses instincts vitaux. La thĂšse anthropologique devait ĂȘtre reprise et dĂ©veloppĂ©e dans A Crise da filosofia messiĂąnica , 1950 (La Crise de la philosophie messianique ). Dans des romans innovateurs, MemĂłrias sentimentais de JoĂŁo Miramar , 1924 (MĂ©moires sentimentaux de Jean Miramar ), Serafim Ponte Grande (1933), il fait entrer la poĂ©sie dans la prose. Son Ɠuvre a jouĂ© un rĂŽle dĂ©cisif dans la formation de la littĂ©rature contemporaine. CecĂ­lia Meireles (1901-1964), d’abord influencĂ©e par le symbolisme, s’écarte des Ă©coles et trouve une expression personnelle Ă  partir de Viagem , 1939 (Voyage ), suivi de Vaga MĂșsica , 1942 (Vague Musique ), Mar Absoluto , 1945 (Mer absolue ), Retrato natural , 1949 (Portrait au naturel ), Doze Noturnos da Holanda , 1952 (Douze Nocturnes de Hollande ), Romanceiro da InconfidĂȘncia (1953), CancĂ”es , 1956 (Chansons ). Elle voit dans le monde un spectacle digne de contemplation et d’amour, sur lequel elle jette un regard panoramique et prĂ©cis, caractĂ©risĂ© par une grande acuitĂ© sensorielle. Sa poĂ©sie, d’une mĂ©lancolie rĂ©flĂ©chie, est une tentative pour rĂ©inventer une vie vivable. Cassiano Ricardo (1895-1974), aprĂšs des dĂ©buts parnassiens, adhĂšre au modernisme dans Vamos caçar papagaios , 1926 (La Chasse aux perroquets ). Chez lui domine la brasilidade , tant dans le choix des thĂšmes que dans leur traitement. Martim-CererĂȘ (1928) est un chant de nationalisme politique et littĂ©raire. Ses Poesias completas (1957) rĂ©unissent une Ɠuvre thĂ©matiquement limitĂ©e, qui exprime une attitude perplexe face Ă  la vie. Raul Bopp (1898-1984) est l’auteur de Cobra norato (1931), un des grands livres du modernisme, inspirĂ© du folklore amazonien, qui fournit un passĂ© mythique dans lequel la tradition est conçue comme contemporaine de la crĂ©ation du monde.

DeuxiĂšme vague moderniste

La seconde gĂ©nĂ©ration de poĂštes modernistes n’est pas infĂ©rieure Ă  la premiĂšre. À la phase proprement moderniste de Jorge de Lima (1893-1953) appartiennent O Mundo do menimo impossivel , 1925 (Le Monde de l’enfant impossible ) et Essa negra fulĂŽ , 1928 (Une nĂ©gresse cafĂ© au lait ), histoire poĂ©tique de l’esclavage. L’atmosphĂšre du Nord-Est, l’enfance, la poĂ©sie nĂšgre sont prĂ©sentes aussi dans Poemas (1927), Novas Poemas (1929), Poemas escolhidos , 1932 (PoĂšmes choisis ). Converti par la suite au catholicisme, il s’exprime dans un style hermĂ©tique et complexe dans InvençÔes de Orfeu , 1952 (Inventions d’OrphĂ©e ). Augusto Frederico Schmidt (1906-1965) rejette le pittoresque et la virtuositĂ© en faveur d’un style direct dans Canto de Brasileiro A.F.S. , 1928 (Chant du BrĂ©silien A.F.S. ) et Mar desconhecido , 1942 (Mer inconnue, ). Vinicius de Morais (1913-1980) distingue lui-mĂȘme deux phases dans son Ɠuvre: la premiĂšre, mĂ©taphysique et mystique, comprend O Caminho para a distĂąncia , 1933 (Le Long Chemin ), Forma e Exegese , 1935 (Forme et ExĂ©gĂšse ), Ariana , a mulher , 1936 (Ariane, la femme ); la seconde rĂ©unit Cinco Elegias , 1943 (Cinq ÉlĂ©gies ), ouvrage de transition, Poemas, Sonetos e Baladas (1946), qui marque sa pleine maturitĂ©, PĂĄtria minha , 1949 (Ma patrie ) et Novos Poemas , 1959 (PoĂšmes nouveaux ) qui montrent une prĂ©occupation plus marquĂ©e pour le monde matĂ©riel. C’est une Ɠuvre pleine d’expĂ©riences prosodiques et de mots nouveaux que l’auteur invente avec une certaine virtuositĂ©. Tout rĂ©cemment, il s’est mis Ă  composer des chansons dans le style bossa nova . Murilo Mendes (1901-1975) est le poĂšte le plus difficile, et peut-ĂȘtre aussi le plus irrĂ©gulier, de cette gĂ©nĂ©ration. Poemas (1930) lui valut le prix Graça Aranha. Ses livres les plus importants sont HistĂłria do Brasil , 1932 (Histoire du BrĂ©sil ), satirique et spirituel, Tempo e Eternidade , 1935, avec Jorge de Lima (Temps et ÉternitĂ© ), O VisionĂĄrio , 1941 (Le Visionnaire ), une des Ɠuvres les plus reprĂ©sentatives de la seconde phase du modernisme, As Metamorfoses , 1944 (Les MĂ©tamorphoses ), Mundo enigma , 1945 (Monde Ă©nigmatique ), Poesia liberdade , 1947 (PoĂ©sie libertĂ© ). Poesias (1925-1955) rĂ©unit les ouvrages mentionnĂ©s, sauf le second, avec des inĂ©dits. Pour Murilo Mendes, la poĂ©sie est une clef de la connaissance et doit proposer Ă  l’homme une vĂ©ritable transfiguration de son destin. Son art est dĂ©libĂ©rĂ©, sous-tendu par la thĂ©matique du temps, attentif aux implications des mĂ©taphores, d’une diction oblique, cherchant Ă  incorporer l’éternel aux contingences. Carlos Drummond de Andrade (1902-1987), excellent prosateur, est l’auteur d’une Ɠuvre poĂ©tique considĂ©rable, en voie de devenir classique. Alguma Poesia , 1930 (Quelques PoĂšmes ), Brejo das almas , 1934 (MarĂ©cages des Ăąmes ), Sentimento do mundo , 1944 (Sentiment du monde ), Poesias (1942), A Rosa do povo , 1945 (La Rose du peuple ), Novos Poemas (1947), Claro Enigma , 1951 (Claire Énigme ), Viola de bolso , 1953 (Guitare de poche ), Fazendeiro no ar , 1953 (Fermier de l’air ), Lição de coisas , 1962 (Leçon de choses ) sont une longue et patiente recherche, conduite avec une acuitĂ© constante Ă  travers le banal quotidien, du secret indicible de ce que le poĂšte appelle « la claire Ă©nigme de la machine du monde », qu’il essaya de suggĂ©rer plus qu’il ne s’efforce de le dire. De lĂ  un effort constant vers un style dĂ©pouillĂ©, dense, qui rĂ©vĂšle sans dĂ©crire, oĂč l’intelligence contrĂŽle la sensibilitĂ© et oĂč l’humour tempĂšre la mĂ©lancolie.

De grandes Ɠuvres romanesques

La publication de A Bagaceira , 1928 (Le Hangar oĂč l’on jette les dĂ©chets de la canne Ă  sucre), par JosĂ© AmĂ©rico de Almeida (1887-1980) marque le dĂ©but d’une sĂ©rie de grandes Ɠuvres romanesques, qui ont vu le jour surtout entre 1930 et 1945. Raquel de QueirĂłs (nĂ©e en 1910), auteur de JoĂŁo Miguel , 1932 (Jean-Michel ), Caminhos de pedra , 1937 (Chemins de pierre ), As TrĂȘs Marias (1939), est surtout connue pour son premier roman, O Quinze , 1930 (L’AnnĂ©e 1915 ). Son Ɠuvre est caractĂ©risĂ©e par une intense prĂ©occupation sociale alliĂ©e Ă  la pĂ©nĂ©tration psychologique; elle fait une place importante Ă  la situation de la femme. JosĂ© Lins do Rego 1901-1957) laisse une Ɠuvre monumentale, avec son « cycle de la canne Ă  sucre «: Menino de engenho , 1932 (Fils de planteur ), Doidinho (1933), BangĂŒĂȘ (1934), Usina , 1936 (Le Moulin Ă  sucre ), Fogo morto , 1943 (Feux Ă©teints ), considĂ©rĂ© comme son chef-d’Ɠuvre; son « cycle du mysticisme et de la sĂ©cheresse » (celle-ci est une plaie endĂ©mique du Nord-Est, dont l’auteur est originaire): Pedra Bonita (1938), Cangaceiros (Bandits , 1953); auxquels il faut ajouter trois romans liĂ©s aux deux cycles par leurs thĂšmes: Moleque Ricardo , 1935 (Richard , le petit Noir ), Pureza , 1937 (PuretĂ© ) et Riacho doce , 1939 (Eau douce ); cette Ɠuvre trouve son origine dans la rĂ©daction de simples souvenirs d’enfance, objet d’un livre en 1956, Meus verdes anos (Mes Vertes AnnĂ©es ). L’ensemble est une Ă©vocation nostalgique du monde des maĂźtres et des esclaves, saisi Ă  son dĂ©clin. L’importance de Jorge Amado (nĂ© en 1912), prix Staline de littĂ©rature 1959, vient du lyrisme engagĂ© de ses premiers livres, O PaĂ­s do carnaval , 1931 (Le Pays du carnaval ), Cacau , 1933 (Cacao ), Suor , 1934 (Sueur ), qui dĂ©crivent la misĂšre et l’oppression des travailleurs ruraux et des classes populaires. À partir de JubiabĂĄ (1935), le plus achevĂ© de ses romans, et de Mar morto , 1936 (Mer morte ), le souffle lyrique l’emporte sur l’aspect revendicatif de son Ɠuvre, sans toutefois le diminuer. Terras do sem fim , 1942 (Le Pays sans retour ), considĂ©rĂ© comme le meilleur de ses livres, continue dans la mĂȘme veine, mais avec une comprĂ©hension plus ample des motivations humaines. Gabriela, cravo e canela , 1958 (Gabrielle ) mĂȘle Ă  la critique sociale un humour picaresque. Os Velhos Marinheiros , 1960 (Les Vieux Marins ) exalte la libertĂ©, thĂšme fondamental de son Ɠuvre. Ses personnages, crĂ©Ă©s Ă  partir d’une observation teintĂ©e de communisme romantique, n’échappent pas, bien souvent, Ă  la superficialitĂ©, que rachĂštent la force descriptive et le sens du mouvement des meilleurs moments. Érico VerĂ­ssimo (1905-1975), le plus populaire des romanciers brĂ©siliens, Ă©crivain de ton classique, est l’auteur de Clarissa (1935), Caminhos cruzados , 1935 (La CroisĂ©e des chemins ), O resto Ă© silencio , 1943 (Le reste est silence ), Ă  contre-courant du modernisme, qui prĂ©fĂšre les romans Ă  thĂšme rural ou provincial. Érico VerĂ­ssimo est le romancier de la ville moderne. O Tempo e o Vento , 5 vol., publiĂ©s de 1949 Ă  1962 (Le Temps et le Vent ) est une fresque qui retrace l’histoire du Rio Grande do Sul, destinĂ©e Ă  devenir un des plus grands monuments du roman. Le plus grand de tous ces romanciers est Graciliano Ramos (1892-1953), dont l’Ɠuvre est relativement restreinte. CaetĂ©s (1933), son premier livre, fut suivi d’une sĂ©rie de chefs-d’Ɠuvre: SĂŁo Bernardo , 1934 (Saint Bernard ), AngĂșstia , 1936 (Angoisse ), Vidas secas , 1938 (SĂ©cheresse ). InfĂąncia , 1945 (Enfance ), MemĂłrias do cĂĄrcere , 4 vol., 1953 (MĂ©moires d’un prisonnier ) est plus qu’un simple compte rendu de la dĂ©position d’un homme incarcĂ©rĂ© pour ses opinions politiques, mais pas tout Ă  fait un roman, il jette, grĂące Ă  la finesse des notations, une lumiĂšre nĂ©cessaire sur l’art de Graciliano Ramos, romancier mĂ©taphysique. Le protagoniste est une conscience qui essaye de se rĂ©organiser, au milieu du dĂ©sordre du monde, en procĂ©dant Ă  une analyse de sa situation, et qui trouve dans la reconnaissance de son Ă©chec l’ordre recherchĂ©. Telle est la cohĂ©rence que l’expĂ©rience permet d’acquĂ©rir, et que Graciliano Ramos rĂ©vĂšle dans une langue pesĂ©e, dĂ©pouillĂ©e Ă  l’extrĂȘme.

Les métamorphoses de la prose régionaliste

Avec son intĂ©gration d’une gĂ©ographie et de grands phĂ©nomĂšnes Ă©conomiques et climatiques, mais aussi avec l’appropriation de la langue et de l’imaginaire populaires, la matrice littĂ©raire rĂ©gionaliste a continuĂ© Ă  porter bien des fruits. Ce courant fut transcendĂ© par JoĂŁo GuimarĂŁes Rosa (1908-1967) et son roman total, Grande SertĂŁo: Veredas (Diadorim , 1956). La vaste ambition de l’auteur fut de crĂ©er un texte lisible Ă  divers niveaux, tout Ă  la fois Ă©popĂ©e du sertĂŁo de Minas Gerais, intrigue psychologique, texte poĂ©tique et surtout Ɠuvre mĂ©taphysique et religieuse. Son langage crĂ©atif s’appuie sur les tournures locales et les expressions archaĂŻsantes qui se croisent avec des rĂ©fĂ©rences antiques ou Ă©trangĂšres, et il obĂ©it Ă  une logique musicale aux effets incantatoires. Les errances du narrateur Riobaldo s’inscrivent dans un parcours initiatique marquĂ© par la traversĂ©e du fleuve SĂŁo Francisco. « Vivre est trĂšs dangereux », cette vĂ©ritĂ© scande un immense rĂ©cit Ă©crit sans concession Ă  « la mĂ©gĂšre cartĂ©sienne ». L’amour impossible de Riobaldo et de Diadorim, les faits et gestes des bandits d’honneur sont autant de fils pour se guider dans un univers placĂ© sous le signe de l’ambiguĂŻtĂ©.

AprĂšs l’Ɠuvre capitale et presque infranchissable de Rosa, on a assistĂ© Ă  une renaissance de romans imprĂ©gnĂ©s par la culture du Nordeste oĂč les mouvements populaires rĂ©sistent aux pressions centralisatrices et rĂ©ductrices des institutions nationales. JoĂŁo Ubaldo Ribeiro (1941) en est le meilleur exemple. Dans Sargento GetĂșlio (Sergent GetĂșlio , 1971), un homme de main raconte, en une triste mĂ©lopĂ©e, sa vie marquĂ©e par tous les hommes qu’il a abattus, mais aussi par les valeurs de courage et de domination qui font de lui une sorte de dragon. Cet infatigable hĂąbleur verra sa parole s’éteindre, comme si la civilisation avait signĂ© l’arrĂȘt de mort de son systĂšme archaĂŻque.

L’indianisme resurgit sous de nouveaux atours avec l’anthropologue Darcy Ribeiro (1922) qui, sans idĂ©aliser les Indiens, leur donne la parole. Dans MaĂ­ra (MaĂŻra , 1978), il rĂ©ussit, Ă  travers une intrigue policiĂšre, Ă  croiser des itinĂ©raires existentiels en modelant les divers rĂ©cits selon des univers mentaux trĂšs variĂ©s, notamment le monde mythique des AmĂ©rindiens.

Une littĂ©rature qui s’universalise

ParallĂšlement au courant rĂ©gionaliste, une mouvance plus secrĂšte du roman d’introspection se dĂ©veloppait chez CornĂ©lio Penna (1896-1958), auteur de A Menina Morta (La Petite Morte , 1954) et chez LĂșcio Cardoso (1912-1968), auteur de CrĂłnica da casa assassinada (Chronique de la maison assassinĂ©e , 1959). Cette sensibilitĂ© vit Ă©galement Ă©clore un Ă©crivain inclassable et particuliĂšrement attachant, Clarice Lispector (1925-1977). Ses textes troublants, faits d’une Ă©criture de pure vibration, dĂ©routent le lecteur, car l’auteur refuse toute intrigue romanesque pour se concentrer sur les situations limites oĂč s’opĂšrent de soudaines et mystĂ©rieuses ruptures dans la vie d’un ĂȘtre. Dans A PaixĂŁo segundo G. H. (La Passion selon G. H. , 1964), la narratrice a Ă©tĂ© fascinĂ©e par un cafard au point de le sacrifier et de l’avaler, dans une parodique communion « noire ». Le discours mystique se voit dĂ©tournĂ© au profit de l’épiphanie de l’écriture. De plus en plus nombreuses, les femmes Ă©crivains enrichissent la production littĂ©raire de leurs voix. Ainsi Lygia Fagundes Telles (1923), dans des contes incisifs (O SeminĂĄrio dos ratos , Le SĂ©minaire des rats , 1977), montre dans quel luxe de problĂšmes psychologiques vit la bourgeoisie de l’opaque et fĂ©brile SĂŁo Paulo.

Parmi les auteurs de textes courts, retenons l’univers sordide et impitoyable de l’énigmatique Dalton Trevisan (1925, O Vampiro de Curitiba ; Le Vampire de Curitiba , 1965), celui plus fantastique de Murilo RubiĂŁo (1916-1991; O PirotĂ©cnico Zacarias ; Le Pyrotechnicien Zacarias , 1974) ou, plus proche de la marginalitĂ©, de JoĂŁo AntĂ”nio (1937; Malagueta, Perus e Bacanaço , 1963). Par ailleurs, J. J. Veiga (1915) a Ă©crit des fables dans « la logique du mystĂšre » comme A Hora dos ruminantes (L’Heure des ruminants , 1966), qui furent interprĂ©tĂ©es comme un message de rĂ©volte contre l’oppression au lendemain du coup d’état militaire de 1964. Cette prĂ©occupation devrait ĂȘtre attribuĂ©e plus lĂ©gitimement Ă  AntĂŽnio Callado (1917), qui propose dans Quarup (Mon Pays en croix , 1967) une allĂ©gorie de la formation du BrĂ©sil ainsi que de ses impasses politiques.

Les romanciers majeurs de cette pĂ©riode rĂ©cente nous semblent ĂȘtre Osman Lins (1924-1978), Autran Dourado (1926), Rubem Fonseca (1925) et Raduan Nassar (1935). Quatre Ă©crivains d’une extrĂȘme exigence. Avec rigueur, Lins atteint une grande modernitĂ© formelle avec Avalovara (1973) et Nove, novena (Retable de Sainte-Jeanne Caroline , 1966). Son Ɠuvre universelle est tout entiĂšre tournĂ©e vers l’expĂ©rimentation, en particulier dans la construction « gĂ©omĂ©trique » du rĂ©cit. Sa matiĂšre romanesque veut servir la souffrance de son peuple. Dourado, Ă©crivain artisan, rĂ©cupĂšre la mĂ©moire d’épisodes historiques fĂ©roces de la dĂ©cadence de la province de Minas Gerais dans Os Sinos da agonia (La Mort en effigie , 1974). Fonseca, d’une Ă©criture fĂ©brile et efficace, construit des romans Ă  structure policiĂšre dont l’ambiance est proche du cinĂ©ma noir (A Grande Arte , Le Grand Art , 1984). Nassar atteint une Ă©criture novatrice, soit qu’il Ă©pouse le rythme intĂ©riorisĂ© de Lavoura arcĂĄica (La Maison de la mĂ©moire , 1975), soit qu’il adopte celui plus Ă©lectrique et vibrant de Um copo de cĂłlera (Un verre de colĂšre , 1978). Dans une prose Ă©conome, sorte de flot rĂ©tif, cette Ɠuvre rare renouvelle les mĂ©taphores du mal de vivre.

Dans les divers genres littĂ©raires, retenons l’Ɠuvre atypique et grandiose du mĂ©morialiste Pedro Nava (1903-1984) qui construit une fresque savoureuse en donnant vie aux souvenirs d’une vieille famille implantĂ©e dans diverses rĂ©gions du pays. Sa prose charnue, d’une vitalitĂ© dĂ©bordante, redonne une mĂ©moire Ă  une culture souvent amnĂ©sique (BaĂș de ossos , L’Arche des os , 1972).

L’exceptionnelle qualitĂ© de la fiction a son Ă©quivalent dans la poĂ©sie. JoĂŁo Cabral de Melo Neto (1920), dans un parcours presque ascĂ©tique, rĂ©ussit Ă  construire des textes avec la rigueur d’un ingĂ©nieur. Son rĂ©gionalisme d’épure n’accepte aucune compromission avec le folklore. AprĂšs O CĂŁo sem plumas (Le Chien sans plumes , 1950), il aborde la forme de longs poĂšmes thĂ©Ăątralisables, tels que Morte e vida severina (1956) et l’Auto do Erade (1984). Avec PĂ©riclĂ©s EugĂȘnio da Silva Ramos (1919) et, entre autres, Mauro (1912) et Dantas Mota (1913), Bueno de Rivera (1914), Marcos Konder Reis (1922), Geir Campos (1924), LĂȘdo Ivo (1924) appartient Ă  la mĂȘme gĂ©nĂ©ration dite de 1945, mais il n’hĂ©site pas Ă  s’adonner Ă  une poĂ©sie non conformiste dont le lyrisme est d’une grande prĂ©gnance verbale (Central poĂ©tica , La Centrale poĂ©tique , 1976). L’inspiration lyrique nourrit la poĂ©sie mĂ©taphorique d’un Carlos Nejar (1939) et la production Ă  la fois quotidienne et mystique d’une AdĂ©lia Prado (1936). Une rupture s’est produite avec la poĂ©sie « concrĂšte » de Augusto (1931) et Haroldo de Campos (1929), ou DĂ©cio Pignatari (1927), qui ont cherchĂ© de façon inventive Ă  enrichir le texte d’une dimension graphique, et donc visuelle, en lui incorporant le design contemporain. Une dissidence politique du mouvement concret a donnĂ© le poĂšme « sale » de Ferreira Gullar (1930; Toda Poesia , Toute la poĂ©sie , 1980). En s’inspirant du « haiku » japonais, Paulo Leminski (1944-1989) a produit une poĂ©sie mĂ©tisse, Ă  la fois provinciale et trĂšs informĂ©e.

Le thĂ©Ăątre connaĂźt une production des plus variĂ©es, qui va du retour Ă  l’inspiration ibĂ©rique et populaire avec Ariano Suassuna (1924) jusqu’aux piĂšces urbaines de NĂ©lson Rodrigues (1912-1980). Dans son thĂ©Ăątre « dĂ©sagrĂ©able », celui-ci crĂ©e des monstres qui violent la morale pratique et quotidienne. Ces ĂȘtres merveilleusement thĂ©Ăątraux exhibent sans pitiĂ© l’inconscient brĂ©silien.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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